26 janvier 2007

Devenir réalisateur par Bernard Émond #2

C'est fou à quel point les discussions sur le cinéma sont spéciale sur ce blog!

Tout d'abord pour mettre de quoi au clair, je penses que j'essaie le plus possible d'articuler mon sujet sur le cinéma québécois et non américain.

Ce que fait Fox avec sa Fox Searchlight est super! Ce genre de fonctionnement est super et j'encourage ça! Il y a une demande pour deux cinéma (commercial et artistique) et le commercial qui permet de faire des découvertes artistiques, c'est super!

Mais mon problème, c'est le modèle québécois. Le gouvernement québécois et canadien finance des projets cinématographique dans lesquels les distributeurs récoltent l'argent mais n'investit souvent qu'entre 10 et 30%.

Voici un extrait tiré d'un article de Hugo Dumas pour La Presse sur comment un budget pour des productions télé fonctionnent (parce que pour moi, télé-cinéma, c'est presque pareil. Pour le cinéma, rajouté des fonds du Conseil des Arts du Québec et du Canada et c'est le même résultat à la fin).

- Fonds canadien de télévision (46%). Créé en 1996, le Fonds canadien de télévision distribue annuelle-ment 250 millions, dont 100 millions proviennent du gouvernement fédéral, 45 millions de Téléfilm Canada et le reste des câblodistributeurs et autres fournisseurs de télévision par satellite.

- Licence de diffusion (28%). La licence, c'est la somme que paie un diffuseur (TVA, SRC, ou TQS) pour acheter une série et la mettre en ondes. Avec une licence en poche, le producteur peut ensuite percevoir les contributions de ses diverses sources de financement.

- Crédit d'impôt fédéral (9%). Au fédéral, 25% du coût de main-d'oeuvre est admissible au programme de crédit d'impôt. Les coûts de main-d'oeuvre ne doivent cependant pas dépasser 60% du budget total de la série.

- Crédit d'impôt du Québec (15%). Au Québec, le crédit d'impôt s'applique sur les coûts de main-d'oeuvre, qui ne doivent pas dépasser 50% du budget total de production.

- Fonds indépendant de production (3%). Source de financement d'appoint, comme le Fonds Vidéotron.

0%

Investissement du producteur : 0$

En gros, une production télévisuelle ou cinématographique, ce n'est qu'un montage financier fait par des producteurs qui empochent les dividendes.

Si au moins les producteurs prenaient cet argent pour investir dans d'autres projets... mais à date, j'ai rarement entendu parler de film fait par des producteurs d'où les fonds venaient en majorité de leurs poches.

Mais là, j'ai tellement l'impression de parler en mal des producteurs quand en réalité, ils sont comme tout être humain: survivre aux conditions.

Peut-être que si le gouvernement encourageait le financement privé dans les films comme aux États-Unis, peut-être on pourrait s'en sortir?

Mais pour 7 millions de québécois, nous avons trop de cinéaste!

1 commentaire:

XBudd a dit...

Pour ton dernier commentaire, dis-toi qu'avec la technologie aujourd'hui disponible, tout le monde est cinéaste. (Personnellement, je trouve quand même ça cool.)

Pour le reste, ton histoire de financement privé me rappelle un débat qu'ils ont eu à la radio il y a quelques années. Je crois que c'est l'année où le film de Francis Leclerc a gagné le Jutras du meilleur film et ils déploraient qu'un film que personne a vu gagner le prix du meilleur film, concluant que le gouvernement perd son argent à financer des films qui sont pas viables et que le privé devrait prendre le contrôle, de façon à ce que le contribuable ne paie pas pour un produit qui l'intéresse pas.

Ce qui est vraiment dangereux là-dedans, c'est l'idée de devenir comme les États-Unis. Ce qui est vraiment beau avec le financement public, c'est que oui, tout le monde peut pas faire des films, mais au moins ceux qui peuvent en faire sont en mesure de le faire à leur manière, suivant leur propres impulsions créatrices, contrairement aux États-Unis, où il faut qu'ils plaisent aux différents démographiques, où il faut pas qu'ils touchent à des sujets délicats, etc. Si le cinéma québecois devient privé, je dirai pas "Bye bye l'art" parce que je déteste l'art, mais peut-être "Bye bye films d'auteurs, bye bye créations personnelles".

CECI DIT, je suis parfaitement d'accord avec ce que tu dis sur le privé et j'adorerais voir des films financés par des sources autres que le gouvernement. Je crois que du moment où il y a de la place pour un produit un peu plus "intellectuel/artistique" qui attirera pas nécessairement les masses et duquel on demandera pas ça non plus, ça serait vraiment cool de voir se développer une véritable industrie cinématographique au Québec, une industrie où le privé soutiendrait des films commerciaux que bien des gens aimeraient, qui rapporteraient et pourraient donc aider à faire rouler l'économie (et le milieu), en plus de faire de la place à de jeunes cinéastes attirés par le commercial. (Clin d'oeil clin d'oeil.)

Si Bon Cop Bad Cop a prouvé quelque chose, c'est que le cinéma québécois est pas saturé, il y a juste trop du genre de films qu'on a déjà trop vu.