02 mars 2008

VLB et feu-son oeuvre

Ça fait longtemps que j'ai pas pris 20 minutes pour parler d'un sujet chaud de l'actualité et il me semble que ça serait le temps que je sorte un peu de mon cocon?

L'évènement cette semaine qui m'a marqué fut tout le brouhaha qu'à fait Victor-Lévy Beaulieu (alias VLB) en brûlant son tout dernier livre.

Pour ceux qui ne sont pas au courant du coup, c'est que VLB avait invité les journalistes dans sa demeure pour la conférence de presse concernant son dernier livre. Devant le constat d'un Québec qui se penchait vers le bilinguisme et donc, vers une victoire de l'anglais (2 langues dans un seul pays = la plus dominante gagne), VLB s'est dit que le combat n'en vaudrait plus la peine.

Il a donc brûlé son dernier roman et menace de brûler son oeuvre complète d'ici deux semaines si les choses ne changent pas.(source)

Je vais vous avouer que VLB, malgré sa reconnaissance nationale, me tombe royalement sur les nerfs. Tout d'abord, il envoie paître royalement le fils Mordecai Richler sous les ondes de Christiane Charette parce que son père ne défendait pas nécessairement les valeurs québécoises... et aujourd'hui, il impose ses règles avec ses oeuvres.

J'ai tellement de misère à être du bord de VLB...

Je suis pour un Québec qui s'affirme. Je suis pour une culture propre à nous défendu dans un français que tout le monde aime parler. Je suis fier d'être québécois.

Mais je suis tanné qu'on me rappelle tout le temps "le passé", qu'on essaie encore aujourd'hui de faire ce qui aurait dû être fait dans les années 70-80, qu'on vit avec des valeurs d'antan.

Si le modèle québécois avait évolué, je serais bien pour une évolution de ces valeurs mais ce système ne veut pas passer au 21ième siècle.

On fait quoi dans ce temps là?

S'il faut brûler les livres de VLB pour passer au 21ième siècle, et bien qu'il le fasse. Ses oeuvres, elles, resteront puisque je ne pense pas que VLB va se promener avec une briquet dans tous les Renaud-Bray du Québec.

Ce que je veux, et des millions de québécois veulent, c'est aller de l'avant dans un Québec francophone.

"L'anglais = langue des méchants", c'est fini cette époque là! C'est maintenant la langue de commerce international et il faut s'y faire.

Arrêtez de regarder vos plaques d'immatriculation!

7 commentaires:

gaétan a dit...

L'anglais la langue du travail ! Depuis quand?

Steven Painchaud a dit...

Ok... pas la langue de travail partout... j'aurais dû dire "langue de commerce international".

Je vais d'ailleurs le corriger à l'instant! ;)

gaétan a dit...

Bah... je me doute bien que dans le monde des jeux videos y doit beaucoup avoir d'anglais. Je peux comprendre que pour une minorité l'anglais puisse être utile mais je ne vois juste pas le besoin d'assimiler tous les québécois pour ça...

Steven Painchaud a dit...

J'ai passé proche de dire que Beenox, l'endroit que je travail, n'avait eu aucun support des banques québécoises pour démarrer l'entreprise et que l'on a été acheté par une entreprise américaine et depuis, tout le monde veut nous "donner" de l'argent...

Mais j'avais pas l'histoire dans ma face de l'entreprise, alors je voulais pas trop m'avancer là-dedans.

Mais je dis pas assimiler. Je crois pas qu'être unilingue soit bon pour l'avancement d'une personne profesionnellement... non?

gaétan a dit...

En dehors de mtl c'est très facile de réussir unilingue francophone.

Steven Painchaud a dit...

Ça dépend de ce que l'on veut faire.

Si le but, c'est d'avoir un commerce pignon sur rue dans une ville de région-ressource, on peut s'en tirer assez bien sans anglais.

Mais c'est seulement que les fournisseurs sont pas nécessairement juste francophone, ni l'information sur certains produits.

Je travaillais dans un Future Shop à Chicoutimi et c'était moi qui devait parler avec le service à la clientèle des entreprises (LG, Siemens, Sony, etc...) parce que le staff était pas bilingue.

Qu'on le veuille ou pas, on fait affaire avec une majorité d'entreprise anglophone ici... ça serait normal donc de s'attendre à parler anglais, non?

Oui, on peut demander le service en français quand on appelle en Inde... mais on risque d'attendre longtemps et dieu sait que les clients sont pas patients ici bas! =P

Serge-André Guay, éditeur conseil a dit...

Que Victor Lévy Beaulieu brûle son œuvre et n'oublie rien

Le Québec de Victor Lévy Beaulieu me tombe sur les nerfs depuis toujours. Son «Québec» est tout ce qu’il y a de plus terne, bourré de petites vies sombres, hypocrites, maladives, vengeresses et dépressives où la chicane et la trahison s’abreuvent à une nature humaine tordue. Victor Lévy Beaulieu fait partie de ceux et celles qui croient que le reflet dans un miroir culturel aide les gens à se comprendre, à s’accepter et à changer pour le mieux. Mais ce n’est pas en passant des heures devant un miroir (livre, radio, télévision) que l’humain saisit sa destiné. Le miroir, c’est un gadget pour cacher aux autres ses réelles intentions. Comment ne pas penser aux découvreurs de l’Amérique remettant aux indiens des fragments de miroirs à qui ils volèrent ensuite les terres.

«Si rien n’est fait et rien ne bouge, il brûlera toute son oeuvre car cela signifiera que tout ce qu’il a écrit n’a servi à rien.» Source Victor Lévy Beaulieu a passé toute sa vie à marchander des miroirs de la société québécoise sous son angle la plus sombre. On ne peut pas parvenir à autre chose qu’une vue sombre. Il fait partie de ceux qui ont tué le rêve québécois en le poussant dans une nuit sans fin. Victor Lévy Beaulieu vient de sombrer dans la noirceur de son œuvre mouvante comme Nelligan dans l’abîme du rêve.

Sa génération, celle des révolutionnaires tranquilles, sera maudite malgré son œuvre. À l’instar de l’église catholique d’avant révolution dominant le Québécois, Victor Lévy Beaulieu fait du chantage en annonçant qu’il brûlera son œuvre. Qu’il la brûle sans rien oublier car il est temps qu’une vraie lumière nous donne un peu d’espoir.

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.109.htm